


Acquisition d'une collection
exceptionnelle de 116 microscopes
Le Musée des Confluences ambitionne de montrer et d'expliquer l'activité scientifique, ses méthodes, ses évolutions...
Outil du naturaliste, mais aussi du médecin, du physiologiste, et de bien d'autres disciplines, le microscope est l'un des instruments fondamentaux des sciences du monde de l'infiniment petit. Il a une place majeure au sein des expositions, illustrant ainsi la volonté des savants d'aller toujours plus loin dans la compréhension du monde.
Pour répondre à cet objectif, le Musée des Confluences a acquis grâce à la participation financière d'un mécène, une collection incomparable de 116 microscopes auprès d'un propriétaire américain, Raymond V.Giordano.
Cette collection est le résultat de la quête d'un collectionneur passionné qui, pendant plus de 30 ans, a cherché à retracer l'évolution du microscope simple, du 17e siècle au 19e siècle.

Des objets rares...
Vu la rareté et la valeur des pièces qui composent cette collection et vu le temps investi pour la constituer, l'opportunité d'acheter cet ensemble a été une chance extraordinaire que le Musée des Confluences a saisie.
Ce magnifique ensemble scientifique réunit
des microscopes mis au point par des grands noms des sciences naturelles. La collection comprend notamment des microscopes mis au point par :
- Charles Darwin,
- François Vincent Raspail,
- Louis Joblot.
Qu'est-ce qu'un microscope simple ?
Il s'agit d'un microscope comportant une seule lentille, tandis que le microscope composé comprend un objectif et un oculaire.
Le microscope simple, utilisé à partir du 17e siècle, a été le premier instrument puissant capable de pénétrer le monde de « l'infiniment petit ».
Pendant environ trois siècles, il a été un outil fondamental dans l'histoire des sciences.
Malgré sa simplicité, ce type de microscope a connu une grande variété de formes, souvent dictées par les fonctions pour lesquelles ces instruments étaient conçus et utilisés (observation de spécimens transparents ou opaques, organismes vivants, dissection, etc.).
D'innombrables observations d'importance capitale pour l'histoire de la botanique, de la zoologie, de l'anatomie ou de la pathologie ont été réalisées avec des microscopes simples.
Si, durant le 18e siècle, les microscopes composés ont beaucoup évolué, cette évolution a permis surtout d'améliorer les parties mécaniques et le design de ces instruments.
Mais souvent les combinaisons empiriques de lentilles utilisées dans les oculaires et les objectifs, au lieu d'apporter des améliorations à la qualité des images, ont simplement augmenté les aberrations optiques.
Et donc les images produites par les microscopes simples sont restées généralement meilleures.
Pour trouver des progrès fondamentaux dans l'optique des microscopes composés, il faut attendre l'introduction des objectifs achromatiques pendant la première moitié du 19e siècle.
Toutefois, les progrès et les innovations introduits dans l'optique des microscopes composés n'ont pas fait abandonner les microscopes simples qui, encore jusqu'au début du 20e siècle, ont été largement utilisés avec succès par les savants, les naturalistes et les microscopistes amateurs.
Enfin, le microscope simple, qui a joui d'une grande longévité, non seulement a été essentiel pour la recherche scientifique, mais a aussi joué un rôle, qui ne peut être sous-estimé, dans la diffusion et la popularisation de la microscopie et de ses pratiques.
Paolo Brenni, chercheur, historien des sciences, spécialiste des instruments scientifiques.










